D’après la nouvelle étude annuelle European Retail Warehousing 2008, publiée par le
conseil international en immobilier d’entreprise Cushman & Wakefield, le marché des
parcs d’activités commerciales est entré dans une importante phase de transformation. Cette
étude en mesure les incidences dans 15 pays d’Europe au travers d’indicateurs tels que le parc
existant, l’offre à venir et l’évolution des valeurs locatives et des taux de rendements.
Caractérisé jusqu’à présent par la dissémination en périphérie de petites unités
indépendantes, le marché européen des parcs d’activités commerciales est aujourd’hui marqué par
l’émergence de nouveaux formats, ensembles homogènes et davantage intégrés dans leur
environnement que leurs prédécesseurs. Cette nouvelle génération de parcs satisfait les
enseignes, les consommateurs et les investisseurs qui y trouvent une offre de surfaces de
meilleure qualité. Les élus locaux, qui voient dans l’ouverture de ces nouveaux parcs le moyen
de renforcer l’attractivité de leur territoire, y trouvent aussi leur intérêt.
« La surface totale des parcs d’activités commerciales de nouvelle génération
prévue à la construction, hors boutiques indépendantes et petits ensembles de surfaces
commerciales disséminées en périphérie, devrait atteindre les neuf millions de m² dans les deux
ans à venir. Cette multiplication des parcs d’activités commerciales de nouvelle génération
traduit un changement structurel de l’immobilier de commerces en Europe »
indique Christian Dubois, Directeur Général de Cushman & Wakefield France.
Avec 23 millions de m², la France se hisse au premier rang européen pour ce qui est de la
taille du parc des surfaces d’activités commerciales périphériques. Composés en grande partie
de bâtiments d’ancienne génération, ces 23 millions de m² ne comprennent que 5 % de nouveaux
formats, ce qui place la France loin derrière le Royaume-Uni. Les projets d’ouverture pour les
deux ans à venir dans l’Hexagone représentent toutefois plus de 4 millions de m². Si tous ne
sortiront pas de terre, en raison notamment de l’incertitude que représente la délivrance des
autorisations administratives, cela permettra cependant à la France de combler son retard.
« Le marché français des parcs d’activités commerciales de nouvelle génération
est aujourd’hui en plein essor avec plusieurs projets emblématiques qui arrivent sur le marché
comme le Family Village de 43 000 m² d’Aubergenville, qui accorde une grande place aux
loisirs et à la qualité architecturale » analyse Benoit Latreille, responsable
du pôle Parcs d’activités commerciales au sein du département Commerces chez Cushman &
Wakefield France.
Le marché britannique est le plus mature d’Europe : 55% des surfaces de parcs
d’activités commerciales prévues à l’ouverture concernent des parcs dits de nouvelle
génération. En raison du développement croissant des parcs d’activités commerciales dans
l’ensemble des pays d’Europe, le parc britannique des parcs d’activités commerciales représente
aujourd’hui 43% de l’ensemble du parc européen contre 80 % il y a cinq ans.
L’Espagne se distingue des autres pays d’Europe car il s’agit du seul pays où les parcs
d’activités commerciales de nouvelle génération représentent aujourd’hui plus de la moitié de
l’ensemble du parc des parcs d’activités commerciales.
La Pologne et l’Italie affichent la plus faible densité de parcs d’activités commerciales
par habitant. En Italie, trente projets de parcs d’activités commerciales devraient voir le
jour dans les deux prochaines années, ce qui représente un total de 800 000 m². En
Pologne, IKEA joue nettement le rôle de leader du marché dans le développement des parcs
d’activités commerciales nouvelle génération.
S’agissant des enseignes, une vingtaine d’entre elles sont en plein essor en Europe. Ce sont
essentiellement des enseignes d’équipement de la maison britanniques, allemandes, françaises,
autrichiennes, et suédoises, qui sont particulièrement actives dans les marchés émergents de
Roumanie, de Bulgarie, de Russie, de Turquie et d’Ukraine. Mais au noyau d’enseignes
d’équipement de la maison et du hard-discount se joignent progressivement d’autres acteurs,
traditionnellement implantés dans les centres commerciaux et les centres-villes qui, attirés
par des coûts d’occupation compétitifs, la disponibilité de grandes surfaces et une bonne
accessibilité, désirent aujourd’hui étendre leur présence en périphérie.
« Il est fort probable que de plus en plus d’enseignes étendront leur réseau tout
à la fois en rues commerçantes, centres commerciaux et parcs d’activités commerciales. La
diversité croissante des enseignes et des secteurs d’activités contribuera en outre à la
croissance des loyers sur les petits formats de même qu’à l’intérêt accru des investisseurs et
à la compression limitée des taux de rendements » conclut Christian
Dubois.
Autres résultats de l’étude
- La croissance annuelle des loyers en Europe est relativement faible (environ 1%) et
nettement moins élevée que dans les rues commerçantes et les centres commerciaux.
- Le Royaume-Uni présente les loyers les plus élevés (540€/m²/an), suivi de l’Irlande
(350€/an/m²). Ces valeurs atteignent même au Royaume-Uni les 1 000 €/m²/an pour les
enseignes d’équipement de la personne.
- L’Irlande est le pays qui a enregistré la plus forte augmentation de loyers (+9,4%) entre le
mois de janvier et le mois de septembre 2007, suivie de l’Espagne (+8,7%) et de l’Allemagne
(+6,4%).
- Les rendements moyens dans toute l’Europe étaient de 5,46% en septembre 2007 contre 5,88%
l’année dernière à la même période et montrent un degré de convergence considérable entre
marchés.
- Le Royaume Uni est le marché de l’investissement le plus liquide et le plus transparent avec
près de 6 milliards d’€ investis lors des trois premiers trimestres de 2007. Les autres marchés
semblent modestes en comparaison même si en Espagne, en France et en Allemagne, les volumes
investis représentent désormais 200 à 300 millions d’€ par an.