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LE MANQUE DE CREDIT ENTRAINE UNE BAISSE DES VOLUMES ET DES
TRANSACTIONS
Au 1er semestre 2009, un total de 2,6 milliards d’euros a été répertorié sur le marché de
l’investissement français (ventes utilisateur comprises), soit une baisse de 63% en un an. Nous
dénombrons 187 transactions depuis le début de l’année 2009 contre 249 à la même période
l’année dernière, soit une diminution de 25%.
Après le plongeon des volumes investis au 1er trimestre, le marché de l’investissement a
semblé enrayer la chute des engagements au deuxième trimestre. L’activité, dont l'amélioration
devrait progressivement se confirmer au cours du second semestre, reste fragilisée par
l’insuffisance de crédit : les banques, toujours très sélectives, n’octroient que très rarement
des prêts supérieurs à 40 millions d’euros ce qui a engendré la raréfaction des grandes
transactions, limitant en conséquence les montants investis. Avec la disparition des opérations
d’envergure (supérieures à 100 millions d’euros), la taille moyenne des transactions s’est
considérablement réduite et s’établit à 15 millions d’euros depuis le début de l’année, contre
30 millions d’euros au premier semestre 2008. On recense douze transactions de plus de 40
millions d’euros, dont quatre sont supérieures à 100 millions et deux au-delà de 200 millions
d’euros. Les petites et moyennes transactions, comprises dans la fourchette des 15-40 millions
d’euros, sont les plus nombreuses car pratiquement les seules aujourd’hui à pouvoir être
financées et également cible privilégiée des investisseurs en fonds propres. Les actifs
jouissant d’une garantie locative et d’une bonne localisation trouvent preneur quand les actifs
secondaires et les grosses opérations voient leur valeur se dégrader.
L’ILE-DE-FRANCE ET LES BUREAUX PLUS
IMPACTES
Même si l’Ile-de-France reste la région la plus convoitée par les investisseurs,
représentant 56% du montant total des engagements nationaux, elle enregistre une forte baisse
de 67% par rapport à la même période l’année dernière, avec un total avoisinant 1,5 milliard
d’euros (4,6 milliards d’euros au premier semestre 2008). Les régions, avec 1,1 milliard
d’euros investis, représentent 44 % des engagements réalisés dans l’Hexagone, grâce à trois
transactions majeures : le portefeuille Casino/Mercialys, le centre commercial Le 31 à Lille et
l'acquisition par France Telecom d’immeubles d’exploitation. La situation est néanmoins plus
contrastée car à l’exception de ces transactions significatives, toutes les régions sont
impactées par le manque de transactions.
Par typologie de produits, l’inflexion la plus forte concerne les bureaux qui enregistrent
une chute de 75% par rapport au premier semestre 2008 et concentrent 55% des montants investis
en France. Toujours attractifs et devenus accessibles à l’ensemble des acteurs, les commerces
se démarquent ce premier semestre et totalisent 34% des 2,6 milliards d’euros investis dans
l’Hexagone (+180% sur un an, comparé toutefois à un premier semestre 2008 particulièrement
faible), soutenus notamment par la vente de trois actifs importants (le portefeuille
Casino/Mercyalis, Le 31 et l’immeuble mixte Les Trois Quartiers/21 Madeleine). Le secteur
industriel connait quant à lui un fort ralentissement et comptabilise seulement 280 millions
d’euros sur les six premiers mois de l’année, soit une baisse de 48% sur un an, et totalise 11%
du volume total investi en France.
LES INVESTISSEURS EN FONDS PROPRES SUR LE DEVANT DE LA
SCENE
Le retour des investisseurs étrangers, représentés principalement par les fonds
allemands, investisseurs privés et gestionnaires de fonds internationaux, s’est
confirmé. Leur part de marché s’est accrue par la réalisation des plus grosses transactions
du deuxième trimestre et l’ajustement à la hausse des taux de rendements qui a permis au marché
français de redevenir plus attractif auprès des investisseurs internationaux. Les plus actifs
sont les allemands avec 12% du volume, s'ensuivent les australiens (MGPA) avec 8%, puis dans
une moindre proportion des investisseurs britanniques, suisses et moyen-orientaux
principalement. Les grands investisseurs anglo-saxons, qui s’appuient sur des montages
financiers fortement dépendant du crédit, sont toujours les grands absents en terme de volumes
investis, ce qui pèse fortement sur les montants globaux. Dans un environnement bouleversé,
les investisseurs français, principalement représentés par les foncières, SCPI/OPCI,
privés, utilisateurs, assureurs et caisses de retraite, se concentrent sur leur marché national
et totalisent 72% des engagements des six premiers mois de l’année.
Les investisseurs long terme sont sur le devant de la scène, tirant davantage leur
épingle du jeu au regard des nouvelles conditions du marché et moins sensibles aux effets de
cycle. Ces acquéreurs sont restés en dehors du marché ces dernières années, en raison de la
concurrence accrue des investisseurs internationaux mais sont toujours attirés par les actifs
haut de gamme qui désormais sont proposés à des taux de rendement moins agressifs. Les acteurs
sont extrêmement sélectifs, ciblant des actifs sécurisés aux loyers « pérennes » et
bien situés.
UN SPREAD FAVORABLE AU SECTEUR IMMOBILIER
Les rendements immobiliers ont enregistré une nouvelle hausse généralisée, toutefois moins
marquée qu’au trimestre précédent. La correction du marché devrait se poursuivre, notamment
pour les actifs secondaires et de grande taille qui restent particulièrement peu liquides et
qui suscitent un intérêt moindre. Les rendements devraient cependant bientôt atteindre leur
point haut, particulièrement pour les actifs haut de gamme.
Les taux directeurs se maintiennent à des taux très bas. Après avoir réalisé le grand écart
passant de 4,25% début octobre à 1% ce trimestre, la BCE a indiqué le maintien de son taux
directeur à 1%. Corrélativement, la moyenne de l’Euribor 3 mois se situe à 1,22% en juin 2009
après avoir enregistré une moyenne de 4,94% en juin 2008 et plus de 5% à l’automne dernier.
Pour sa part, l’OAT 10 ans s’est progressivement détendu, la moyenne est de 3,90 % en juin 2009
(contre 4,72 % un an plus tôt). Ceci devrait mécaniquement assouplir les coûts de financement.
La baisse des taux directeurs couplée à la hausse des rendements immobiliers, crée un spread
favorable au compartiment immobilier.
PERSPECTIVES
Au-delà des difficultés persistantes, des éléments positifs de reprise se dessinent par
notamment : les liquidités disponibles sur le marché, un environnement financier plus
favorable, une meilleure appréciation de la valorisation des actifs et enfin des fondamentaux
structurels qui restent solides. En revanche, la dégradation des marchés locatifs qui
s’illustre par une pression baissière des valeurs et une hausse du taux de vacance, assombrit
les perspectives de reprise du marché de l’investissement à court terme.
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