Une étude du conseil international en immobilier d’entreprise Cushman & Wakefield
D’après l’étude European Banking Briefing réalisée par Cushman &
Wakefield, le volume total des m² de bureaux loués ou vendus aux utilisateurs du secteur
bancaire en Europe est en recul de 80% au premier trimestre 2009, par rapport à la moyenne de
la demande placée chaque trimestre enregistrée ces cinq dernières années. Révélatrice des
effets de la crise économique mondiale, cette chute sévère est plus particulièrement liée au
ralentissement des marchés de Londres, Moscou et Varsovie.
Plusieurs opérations de sale and leaseback, menées pour dégager de nouvelles liquidités par les
banques, et notamment celles qui ont bénéficié d’injections significatives d’argent public,
devraient toutefois avoir lieu dans les prochains mois et contribuer ainsi à animer les marchés
européens de l’immobilier d’entreprise. A l’exemple des opérations importantes déjà mises en
œuvre par les banques Unicredit, HSBC et BBVA, ces mouvements pourraient représenter
d’excellentes opportunités pour certains investisseurs dans le cadre de stratégies à
long-terme.
Dans un contexte de correction des loyers et des valeurs vénales et tandis que les bailleurs
consentent de réels efforts pour limiter la vacance de leurs biens, les banques tendent à
renégocier et adapter leurs baux afin de diminuer le coût de leur outil immobilier. De telles
stratégies de rationalisation se traduisent également par une optimisation des espaces de
bureaux qu’occupent les établissements bancaires même si, les mouvements de fusion d’ores et
déjà initiés n’ont pas encore donné lieu, dans les principales villes européennes, à la mise
sur le marché d’un volume important de surfaces de bureaux libérées par les banques. Si ces
surfaces représentent dans les Docklands de Londres 42% de l’offre disponible totale du
secteur, elles n’en constituent qu’à peine 1% à Francfort. Ceci tient notamment au fait que la
plupart des banques exploitent déjà leurs espaces de travail de façon rationnelle et à ce que,
réalisés récemment, les fusions dans le secteur bancaire doivent encore laisser appréhender par
ceux qui les ont opérés la juste estimation des besoins en terme de m² de bureaux occupés que
ces mouvements supposent. Il ne fait toutefois guère de doutes que le volume des sous-locations
devrait augmenter sensiblement en 2009.
Le volume des m² de bureaux placés par les banques en Europe a été important en 2008 en
raison notamment de la prise à bail par JP Morgan d’un site de 177 000 m² dans les Docklands de
Londres. Il s’est en revanche effondré au cours du premier trimestre 2009 avec 43 630 m² placés
contre 407 305 m² au trimestre précédent.
La chute a été particulièrement sévère à Londres, où le total des m² loués ou vendus aux
utilisateurs du secteur bancaire est passé de 45 057 m² au quatrième trimestre 2008 à 2 599 m²
au premier trimestre 2009, soit une baisse de 94%. Les marchés de Moscou (de 66 442 m² à 1 600
m²) et Varsovie (de 11 670 m² à 1 526 m²) ont également enregistré un recul important, tandis
qu’aucun m² n’a été placé dans plusieurs marchés importants du continent (Bruxelles, Budapest,
Milan, Amsterdam).
Avec Francfort et Madrid, le marché de Paris/Ile-de-France s’est en revanche distingué par
une augmentation de la demande du secteur bancaire lors des trois premiers mois de 2009 par
rapport à la même période l’an passé. Le volume des m² loués aux banques, ou que celles-ci
acquièrent pour leur propre utilisation, pourrait toutefois rester en deçà, en 2009, du niveau
atteint l’an dernier. Du fait de quelques très grandes transactions en première couronne (60
000 m² loués par LCL dans le Metropolitan à Villejuif, 76 000 m² acquis par la Société Générale
à Fontenay-sous-Bois), le secteur bancaire s’était ainsi affirmé, avec celui des Assurances,
comme le principal acteur de 2008.
Si tel n’est plus le cas depuis le début de 2009, quelques mouvements importants de banques
ont tout de même contribué à animer le marché de l’immobilier des bureaux francilien, comme la
prise à bail par une filiale du Crédit Agricole de 12 500 m² dans le projet Okabé, programme
mixte de bureaux et de commerces en cours de construction au Kremlin-Bicêtre. D’après Thierry
Juteau, Directeur général de Cushman & Wakefield France, « cette transaction est
emblématique des stratégies mises en œuvre par les principaux groupes français pour
rationaliser leur immobilier au moyen de prises à bail de surfaces neuves de qualité à loyer
modéré. Elle confirme également le renforcement des pôles bancaires de l’est de la région
Ile-de-France et de celui du Val-de-Marne en particulier ».
Au contraire des secteurs de première couronne, le quartier central des affaires parisien pâtit
d’une conjoncture qui lui est actuellement défavorable. La baisse générale de 42% de la demande
placée dans ce secteur en 2008 par rapport à l’année précédente et de 44% au premier trimestre
2009 par rapport à la même période un an auparavant y est notamment due à l’attentisme de ses
utilisateurs traditionnels, parmi lesquels banques d’affaires et étrangères. Particulièrement
exposés pour certains à la crise financière, ces utilisateurs sont désormais très réticents à y
signer des baux à des valeurs locatives qui demeurent élevées.
La crise bancaire est à l’origine de plusieurs mouvements de fusion, acquisition et
nationalisation d’établissements majeurs en Europe, mais de nombreuses interrogations restent
posées, qui concernent notamment l’ampleur des plans de licenciement dans le secteur financier
et le volume réel des m² de bureaux qui pourraient être libérés et remis sur le marché.
« Il est encore difficile de mesurer les incidences de la crise sur le marché immobilier des
principales places financières européennes. Il n’en reste pas moins que l’immobilier demeure
l’une des principales sources de dépenses pour les banques, et qu’une gestion rationnelle de
leurs actifs immobiliers constitue l’un des outils les plus importants à mettre en œuvre pour
surmonter la crise » conclut Thierry Juteau.
Fondé en 1917, Cushman & Wakefield est l’un des plus importants conseil international
en immobilier d’entreprise. Avec plus de 230 bureaux à travers 58 pays et plus de 15 000
personnes, Cushman & Wakefield propose un service complet de conseil, de commercialisation
et de gestion pour le compte de propriétaires, locataires et investisseurs et ce, à tous les
stades du processus immobilier. Nos services comprennent une aide aux clients en matière
d’achat, de vente, d’investissement, de location et de gestion d’actifs. Cushman &
Wakefield propose également des conseils en expertise, en planification stratégique et
recherche, en analyse de portefeuille et enfin en aménagement d’espace. Pour de plus amples
informations, consultez notre site internet : www.cushmanwakefield.fr