Une étude annuelle du conseil international en immobilier d’entreprise
Cushman & Wakefield
Selon l’étude annuelle du conseil international en immobilier d’entreprise Cushman &
Wakefield, Main Streets Across the World, plus de la moitié des principales artères
commerçantes du monde ont accusé dans les douze derniers mois une baisse de leur valeur
locative, reflétant l’impact de la crise économique internationale sur l’évolution de la
consommation des ménages et le marché immobilier des commerces. Sur les 274 emplacements dans
60 pays analysés par Cushman & Wakefield, 54 % ont vu leur valeur locative diminuer
et 18 % seulement l’ont vu progresser, soit une baisse d’une ampleur telle qu’on ne l’avait
jamais observée depuis la création de cette étude il y a 24 ans.
« Les douze mois qui viennent de s’écouler ont été, dans de nombreux pays, l’une des
pires périodes en termes de consommation des ménages et de chiffres de ventes du commerce
depuis longtemps. Plutôt résistant en 2008 – les loyers n’avaient alors diminué que dans 6 %
des principales artères dans le monde – le marché immobilier des commerces n’échappe plus à la
crise en 2009 et souffre d’une baisse générale de la demande. Au plan international, les
acteurs présents sur le marché et les projets d’ouvertures sont moins nombreux, confirmant le
ralentissement des dynamiques d’expansion des enseignes » précise Christian
Dubois, Directeur Général de Cushman & Wakefield France.
La tendance à la baisse des loyers n’a pas épargné les emplacements commerciaux
les plus prestigieux. Ainsi, les valeurs locatives de sept des dix emplacements les plus
chers du monde ont chuté ou sont demeurées stables. Si la 5ème Avenue à New
York conserve pour la huitième année consécutive son titre d’artère la plus chère du monde,
sa valeur locative accuse une baisse de 8,1 % par rapport à 2008. La chute a été
encore plus marquée pour le deuxième de ce classement, Causeway Bay à Hong Kong avec
un recul de 15,1 % sur un an. La comparaison s’avère finalement flatteuse pour
les Champs-Elysées à Paris qui complètent le trio de tête et dont la valeur locative
est restée stable.
« Nous nous posions l’an dernier la question de l’impact des effets conjoints de la
baisse de la consommation des ménages et de la fréquentation touristique dans la capitale.
Aujourd’hui nous ne pouvons que constater que ces indicateurs ont mieux résisté que prévu et
que, dans ce contexte, la crise économique ne s’est pas traduite par une diminution de la
force d’attraction des Champs-Elysées. Certes, la prudence est davantage de mise et il y a
moins d’acteurs sur le marché, mais certaines enseignes internationales poursuivent leur
expansion, toujours motivée par l’opportunité que peut constituer, pour leur image, une
vitrine sur les meilleures portions de l’avenue » souligne Christian Dubois. L’attrait
de « la plus belle avenue du monde » ne devrait pas se démentir dans les prochains
mois, d’autant que le débat sur l’ouverture des commerces le dimanche a récemment trouvé
son épilogue avec l’adoption en août dernier d’une loi sur le repos dominical
élargissant les dérogations à ce principe dans certaines communes et zones touristiques de
l’Hexagone. Toutefois, les incidences réelles de l’application de cette loi sur l’évolution de
la consommation restent à mesurer.
Les principales autres artères commerçantes parisiennes ont, à l’exemple des
Champs-Elysées, fait preuve d’une remarquable résistance. Si la plupart des loyers
restent inchangés, ils ont augmenté sur le boulevard Saint-Germain. Après l’inauguration de la
boutique Sonia Rykiel en 2008 et l’ouverture prochaine du flagship Ralph Lauren, les
annonces récentes de l’installation d’Hermès rue de Sèvres et de Burberry à l’angle de la rue
du Dragon ont consacré la montée en gamme d’une portion de ce quartier, loin des secteurs
traditionnels du luxe dans le triangle d’or. Ailleurs dans l’Hexagone, l’année écoulée a
confirmé l’attractivité des emplacements n°1 des principales métropoles régionales :
c’est là que se porte en priorité la demande des enseignes nationales et internationales,
désireuses d’étendre leur réseau après une première implantation à Paris tout en limitant les
risques associés à cet investissement.
Dans le reste de l’Europe, les meilleurs emplacements commerciaux ont connu des destins
divers. C’est en Irlande, pays qui traverse la plus grave crise économique de la zone euro,
qu’a été enregistrée la baisse la plus marquée des loyers à l’échelle nationale avec un recul
de 16,1 % sur un an. La baisse a atteint 22,5 % à Grafton Street à Dublin, l’artère la plus
chère du pays rétrogradant ainsi de la 5ème à la 8ème place du classement
mondial. D’autres marchés ont fait mieux que résister. L’Allemagne affiche ainsi, au niveau
national, une progression annuelle de 2,2 % des valeurs locatives de ses principales artères
commerçantes. La Kaufingerstrasse à Munich enregistre même une hausse de 7,1 % qui lui
permet de gagner trois places et d’intégrer le top 10 mondial. Outre la taille de son marché,
l’Allemagne a, comme la France, continué de profiter de l’intérêt des enseignes internationales
pour ses meilleurs emplacements ainsi que de la solidité relative de son économie. Les deux
pays font du reste partie des rares économies de l’Union européenne à avoir enregistré une
progression de leur PIB au 2ème trimestre 2009.
Dans d’autres parties du monde les contrastes sont encore plus saisissants. Dans la
zone Asie-Pacifique, la baisse des valeurs locatives atteint 17,3 % sur un an et même 41,5
% en Inde, où Colaba Causeway à Bombay enregistre la plus forte chute dans le monde (- 63,5 %).
Le redémarrage attendu de l’économie asiatique devrait toutefois permettre d’inverser la
tendance, d’autant que l’offre d’emplacements commerciaux de qualité reste limitée dans la
plupart des pays du continent. L’Amérique latine est, à l’inverse, la région du monde où les
loyers ont le plus progressé, à l’exemple d’Alameda Lorena à Sao Paulo qui affiche la
croissance annuelle la plus importante dans le monde (+ 111 %). La hausse générale de 10,3 %
des valeurs locatives du sous-continent américain est de fait liée aux performances
exceptionnelles de certains des principaux emplacements commerciaux du Brésil. Dans ce pays, la
consommation des ménages est restée soutenue depuis le début de 2009, favorisée par les mesures
fiscales adoptées par le gouvernement et l’appétit croissant d’une classe moyenne de plus en
plus importante pour de nouveaux formats commerciaux davantage haut de gamme.
A l’exception de quelques marchés, les baisses que nous avons relevées cette année sont
souvent importantes, laissant penser qu’un seuil plancher a été atteint et que le pire est
derrière nous. A court terme, une nette remontée des loyers commerciaux semble toutefois
peu probable, d’autant que les conditions de négociation entre enseignes et bailleurs restent
ardues. Si quelques indicateurs se sont depuis peu redressés, la détérioration du climat
économique reste en effet profonde et les perspectives de consommation des ménages pessimistes
du fait de l’arrivée sur le marché mondial de l’emploi d’un nombre important de nouveaux
chômeurs.
« La fin de l’année 2009 et l’année 2010 seront celles de la stabilisation.
Accentuant les tendances déjà observées en 2008, la prudence et la sélectivité accrues dont les
enseignes font preuve dans leur stratégie de développement continueront donc de caractériser
un marché à deux vitesses. Si regain d’activité il y a, celui-ci profitera en priorité
aux meilleures portions des meilleurs emplacements commerciaux, les emplacements secondaires
souffrant toujours de la désaffection et des exigences de rentabilité des enseignes »
conclut Christian Dubois.
Le Top 10 des pays aux artères commerçantes
les plus chères du monde en 2009
|
2009
|
2008
|
Pays
|
Ville
|
Rue
|
US$/sq. ft/an
|
€/m²/an
|
|
1
|
1
|
États-Unis
|
New York
|
5ème Avenue
|
1 700
|
13 027
|
|
2
|
2
|
Chine
|
Hong Kong
|
Causeway Bay
|
1 525
|
11 687
|
|
3
|
3
|
France
|
Paris
|
Champs-Élysees
|
1 009
|
7 732
|
|
4
|
4
|
Italie
|
Milan
|
Via Montenapoleone
|
887
|
6 800
|
|
5
|
7
|
Japon
|
Tokyo
|
Ginza
|
776
|
5 950
|
|
6
|
6
|
Royaume-Uni
|
Londres
|
New Bond Street
|
768
|
5 885
|
|
7
|
8
|
Suisse
|
Zurich
|
Bahnhofstrasse
|
685
|
5 246
|
|
8
|
5
|
Irlande
|
Dublin
|
Grafton Street
|
568
|
4 356
|
|
9
|
12
|
Allemagne
|
Munich
|
Kaufingerstrasse
|
470
|
3 600
|
|
10
|
9
|
Australie
|
Sydney
|
Pitt Street Mall
|
448
|
3 436
|
Source: Cushman & Wakefield
(le classement complet se trouve dans l’étude Main Streets Across the
World 2009)
Fondé en 1917, Cushman & Wakefield est l’un des plus importants cabinets de conseil
international, spécialisé en immobilier d’entreprise. Avec plus de 230 bureaux à travers 58
pays et plus de 15 000 personnes, Cushman &Wakefield propose un service complet de conseil,
de commercialisation et de gestion pour le compte de propriétaires, locataires et investisseurs
et ce, à tous les stades du processus immobilier. Nos services comprennent une aide aux clients
en matière d’achat, de vente, d’investissement, de location et de gestion d’actifs. Cushman
&Wakefield propose également des conseils en expertise, en planification stratégique et
recherche, en analyse de portefeuille et enfin en aménagement d’espace. Pour de plus
amples informations, consultez notre site internet : www.cushmanwakefield.fr