Une étude annuelle du conseil international
en immobilier Cushman & Wakefield consacrée aux coûts d’occupation de bureaux des 131
plus grandes métropoles mondiales
D’après l’étude Office Space Across The World,
qui compare les coûts d’occupation de bureaux dans 131 métropoles de 63 pays, Tokyo,
Londres et Hong Kong restent les trois villes les plus chères du monde. La capitale
japonaise est désormais en tête du classement, avec un coût d’occupation de 1 441
€/m²/an contre 1 220 €/m²/an à Londres et 1 207 €/m²/an à Hong Kong, qui perd deux
places par rapport à l’an dernier.
Ces trois villes ont connu des fortunes diverses mais ont chacune affiché un loyer en
baisse, confirmant l’ampleur de la crise économique et de ses incidences sur les coûts
d’occupation des plus grandes métropoles mondiales. De fait, le marché mondial
enregistre en 2009 une chute quasi générale des loyers de bureaux pour la première fois
depuis 2003. Cette chute est de l’ordre de 10% par rapport à 2008. Tranchant avec les
fortes augmentations de 2007 et la croissance encore constatée en 2008 dans de nombreux pays
émergents, la baisse des loyers n’aura épargné en 2009 aucune des régions du
globe.« Dans un climat économique international très dégradé, marqué par une forte
augmentation du nombre de chômeurs et de défaillances d’entreprises, l’attentisme des
utilisateurs et leur plus forte propension à négocier les termes de leur bail ont poussé les
loyers à la baisse. En grande partie motivés par la maîtrise de leurs coûts immobiliers,
les mouvements des entreprises ont, dans de nombreux marchés, favorisé les secteurs tertiaires
périphériques bien pourvus en bureaux neufs de qualité au détriment des quartiers centraux
d’affaires, plus onéreux » explique Thierry Juteau, Directeur Général de Cushman &
Wakefield France.
Avec un recul moyen de 11 % sur un an, l’évolution des loyers en Europe confirme les
tendances observées l’an dernier. Certains marchés ont davantage souffert que d’autres.
Ainsi, la correction des valeurs locatives a été particulièrement forte dans les pays les
plus affectés par la crise économique. Cumulant forte récession, brusque hausse du nombre de
chômeurs et effondrement de la demande, les marchés de Dublin et de Moscou ont
par exemple enregistré une baisse de 33 % de leurs loyers par rapport à l’an dernier, quand
ceux de Madrid et de Londres accusaient un recul de 25 %. Dans les capitales
russe et espagnole, désormais aux 7ème et 19ème places du classement, la
crise économique et la chute de la demande ont plus particulièrement coïncidé avec
l’achèvement des nombreux chantiers lancés durant une période de forte croissance,
sapant l’équilibre fragile de ces marchés. Dublin et Londres ont pour leur part souffert, comme
l’an dernier, de leur grande dépendance à la demande des utilisateurs du secteur
financier.
Cette même dépendance explique la forte baisse observée dans l’une des principales places
financières asiatiques, Singapour (- 45 %), qui passe de la 9ème à la
24ème place du classement, avec un coût d’occupation de 441 €/m²/an. Mais en
Asie, où les loyers enregistrent une baisse moyenne de 16 % après cinq années continues
de croissance, le retournement du marché tient avant tout au gel ou à l’abandon, par les
multinationales, de leurs projets d’expansion. Cette évolution explique ainsi la chute de
53 % enregistrée à Ho Chi Minh Ville, la plus forte du continent, ainsi que la
baisse moyenne de 20 % des marchés indiens. Dès lors, la hausse de 10 % constatée à
Djakarta contraste singulièrement avec la tendance générale du marché asiatique. En
dépit d’un affaissement de la demande de bureaux des entreprises, la pénurie persistance de
l’offre neuve de qualité a contribué à la croissance des loyers dans la capitale
indonésienne.
La rareté d’une offre de bureaux de qualité, adaptée aux besoins de modernisation et de
rationalisation des grandes entreprises est, de façon générale, le principal facteur de
résistance des valeurs locatives. C’est elle qui explique la progression de 28 % des
loyers à Santiago du Chili, la plus forte constatée dans le monde en 2009. Celle-ci
illustre la bonne tenue d’ensemble du continent américain avec une baisse limitée à 4
% à New York où le coût d’occupation est de 786 €/m²/an, ou à 6 % à Rio de Janeiro
où le coût d’occupation s’établit à 611 €/m²/an. En dépit de cette baisse, la ville brésilienne
fait un bond important dans le classement, passant de la 23ème à la
13ème place. Profitant du cours favorable du réal par rapport à l’euro, et d’une
économie dynamique portée par la résistance de la consommation privée et la reprise de la
production industrielle, le Brésil confirme qu’il est l’un des marchés les plus importants
de la région. Le succès de ce pays, futur hôte de la Coupe du monde de football 2014 et des Jeux
Olympiques de 2016, ne devrait pas se démentir dans les prochaines années. En Afrique du Sud,
où se déroulera cet été la Coupe du monde de football 2010, les loyers ont notamment progressé,
au Cap, de 10 %, soit l’une des hausses les plus importantes constatées en 2009 dans le monde.
Cette évolution atteste ainsi des incidences positives que peut avoir l’organisation de
grands évènements sportifs sur la demande de bureaux des entreprises.
L’évolution, à Paris, tranche avec les hausses constatées dans certains pays
émergents. Ainsi, Le loyer de bureaux du quartier central des affaires parisien enregistre
un recul de 10 % sur un an. Si la chute apparaît limitée par rapport à plusieurs
autres marchés européens, elle fait perdre une place à la capitale française dans le
classement, désormais 8ème alors qu’elle était encore 4ème en 2007. De
fait, après la forte augmentation constatée cette année-là, qui avait porté le loyer de Paris
QCA au-delà du seuil des 800 €/m²/an, le coût d’occupation n’a cessé depuis de décroître.
Plus encore qu’en 2008, l’année 2009 a vu se réduire comme une peau de chagrin le nombre
d’entreprises disposées à payer le prix fort pour une implantation dans le triangle d’or de
la capitale. Le point bas pourrait toutefois avoir été atteint, comme a semblé
l’indiquer, en fin d’année, le regain de la demande de certains utilisateurs traditionnels du
QCA, grands cabinets d’avocats en particulier (Norton Rose). « Si 2010 ne devrait
qu’être une année de transition avant une reprise plus franche du marché parisien en 2011,
plusieurs utilisateurs pourraient bien être tentés d’accélérer leur prise de décision. Dans un
contexte de reprise progressive de l’économie, le nombre encore limité d’offres de bureaux
neufs/restructurés haut-de-gamme et la correction importante des valeurs locatives pourraient
constituer de belles opportunités pour certaines entreprises. C’est pourquoi la mise
sur le marché récente de programmes haut-de-gamme (Origami, 52 Hoche) constituera un vrai
test permettant, en cas de reprise réelle de la demande, d’apprécier la valeur des
meilleures offres du QCA » poursuit Thierry Juteau.
Comme à Paris, les perspectives pour 2010 sont plus favorables dans la plupart des
métropoles mondiales en raison de l’amélioration du climat économique, de la
reprise de la demande des entreprises et de l’absorption progressive de l’offre
disponible. La brusque chute des mises en chantier et le report du lancement de nombreux
projets permettront en particulier de limiter la pression à la baisse s’exerçant sur les loyers
des meilleurs actifs, qui se stabiliseront d’ici le second semestre de 2010. Les conditions de
bail resteront jusque là favorables aux utilisateurs qui cherchent à réduire leurs coûts
d’occupation avant un retour à l’augmentation des valeurs locatives en 2011. Cette
tendance a d’ores et déjà été constatée à Londres, dans le quartier de la City, parallèlement
au rebond de la demande des utilisateurs. Ainsi, le volume des mètres carrés loués ou vendus
aux utilisateurs au dernier trimestre 2009 dans la capitale britannique a représenté 40 % de la
demande totale de l’année, signe du regain d’activité de certains grands utilisateurs
désireux de profiter de conditions de marché qui ne resteront pas longtemps aussi favorables.
« L’embellie que connaît le marché des bureaux de Londres, atteint plus
précocement et durement par la crise, pourrait constituer le signe avant-coureur d’une
reprise plus générale du marché mondial et d’une évolution du rapport de forces entre
bailleurs et locataires » conclut Thierry Juteau.
Top 10 des villes les plus chères du monde
en 2010*
(Source : Cushman & Wakefield)
|
Rang 2009
|
Rang 2010
|
Ville, Quartier
|
Pays
|
Coût d’occupation €/m²/an
|
|
2
|
1
|
Tokyo CBD
|
Japon
|
1 441
|
|
3
|
2
|
Londres West End
|
Royaume-Uni
|
1 220
|
|
1
|
3
|
Hong Kong CBD
|
Chine
|
1 207
|
|
5
|
4
|
Dubai CBD (DIFC)
|
Émirats Arabes Unis
|
899
|
|
6
|
5
|
Mumbai CBD
|
Inde
|
809
|
|
8
|
6
|
New York Midtown
|
États-Unis
|
786
|
|
4
|
7
|
Moscou CBD
|
Russie
|
768
|
|
7
|
8
|
Paris QCA
|
France
|
765
|
|
10
|
9
|
Milan CBD
|
Italie
|
667
|
|
11
|
10
|
Zurich CBD
|
Suisse
|
660
|
* Le classement est réalisé à partir des valeurs constatées dans la ville qui affiche les
coûts d’occupation les plus élevés dans chaque pays. Les loyers, qui en représentent la plus
grande part, sont calculés sur une base interne nette.