Mais Londres demeure la ville d’Europe la
plus attractive aux yeux des investisseurs
Une étude annuelle du conseil international
en immobilier d’entreprise, Cushman & Wakefield
D’après l’étude annuelle du conseil international en immobilier d’entreprise Cushman &
Wakefield, European Cities Monitor, les mois qui viennent de s’écouler n’ont pas
bouleversé la hiérarchie des métropoles les plus attractives d’Europe. Au sortir d’une
crise qui a accentué la concurrence entre villes pour attirer les investisseurs, Londres, Paris
et Francfort continuent de dominer, dans cet ordre, le top 3. Cette stabilité au sommet du
classement s’accompagne toutefois de quelques évolutions notables. Toujours au deuxième rang
derrière Londres, Paris améliore ainsi son attractivité sur un nombre important de
critères. Les villes allemandes tirent également leur épingle du jeu, quatre d’entre
elles figurant désormais aux dix premières places du classement.
Véritable baromètre des tendances de l’économie mondiale, l’étude European Cities
Monitor analyse depuis 1990 l’opinion des dirigeants des 500 plus importantes
entreprises européennes sur l’attractivité des principales métropoles en Europe ainsi que
les critères de leurs futurs choix d’implantation. Réalisée à partir d’un questionnaire,
l’étude European Cities Monitor analyse les 12 principaux facteurs que les
entreprises considèrent comme essentiels lorsqu’elles décident du choix de leurs implantations
futures, puis compare les performances des 36 grandes villes européennes retenues pour chacun
de ces facteurs.
Les intentions des investisseurs
Des entreprises bien plus optimistes quant aux
perspectives de leur activité
En dépit d’une reprise toujours fragile, la fin du deuxième trimestre a confirmé le retour
au vert de plusieurs indicateurs économiques avec, notamment, une accélération de la croissance
du PIB des pays de la zone euro. Les résultats de l’étude European Cities Monitor,
réalisée au cours de l’été 2010, illustrent cette amélioration du climat des affaires.
La perception des investisseurs a, de fait, sensiblement évolué : les entreprises de notre
échantillon sont désormais 68 % à être beaucoup plus ou légèrement plus optimistes quant aux
perspectives de leur activité contre 34 % l’an dernier.
Décisif dans la reprise des échanges internationaux, le dynamisme des économies
émergentes est également perçu, logiquement, comme pouvant peser d’un poids déterminant
dans l’évolution de leur activité. Interrogées sur les facteurs les plus à même d’avoir un
impact sur celle-ci dans les cinq ans à venir, les entreprises de notre échantillon citent
avant tout les opportunités que représentent les marchés émergents (28 %), devant
l’évolution démographique de l’Europe (19 %) et la concurrence de ces mêmes pays émergents (18
%). Ce résultat traduit fort bien le défi que constitue au sortir de la crise, pour les pays
européens et leurs investisseurs, le rééquilibrage du rapport de forces entre grands ensembles
géographiques.
Les implantations futures des
entreprises
L’évolution des projets d’implantations futures des entreprises de notre échantillon dans
les cinq prochaines années est une autre indication de ce rééquilibrage, tant en Europe
qu’en dehors de l’Europe.
Signe de la reprise de l’activité mondiale, l’augmentation générale du nombre de projets
d’expansion profite avant tout aux villes des pays émergents au détriment, notamment, de
New York. Avec 14 intentions exprimées contre 19 l’an dernier, la métropole américaine n’est
plus la plus régulièrement citée. Elle est même largement devancée par les principales
métropoles de trois des quatre « BRIC », Brésil, Inde et Chine. Ces trois pays
placent chacun deux de leurs villes aux six premières places d’un classement dont le trio
de tête est formé de Shanghai et New Delhi (29 intentions exprimées) et Sao Paulo (28
intentions exprimées). La progression de villes de puissances « moyennes », en Asie
(Bangkok, Séoul) comme en Amérique du Sud (Buenos Aires, Mexico), confirme en outre que la
contribution des pays émergents à la croissance de l’économie mondiale ne se limite pas au seul
groupe des BRIC.
La hiérarchie des villes d’Europe n’est pas, elle, fondamentalement bouleversée.
Notamment avantagées par des coûts de main d’œuvre plus bas que ceux pratiqués à l’ouest, deux
métropoles d’Europe de l’Est – Moscou et Varsovie – et Istanbul occupent les trois premières
places du classement. Avec 47 intentions exprimées contre 35 l’an passé, Moscou est à
nouveau la destination privilégiée des cinq prochaines années pour les implantations
futures des entreprises en Europe, reprenant à Varsovie une première place perdue l’an dernier
du fait d’une forte chute des intentions exprimées (de 44 à 35). Cette évolution en dents de
scie reflète les mouvements erratiques de l’économie russe qui, après un recul de près de 8 %
du PIB national en 2009 devrait, avec une prévision de croissance de 5 % en 2010, retrouver le
niveau de 2008. Les grandes entreprises semblent donc avoir retrouvé de l’appétit pour le
marché russe qui, toujours soutenu par la puissance de son secteur énergétique, devrait
désormais profiter de la reprise de la consommation de ses ménages. Elles ne devront
toutefois pas tarder à concrétiser leur projet d’implantation car si elles sont loin
d’avoir retrouvé les sommets d’avant-crise, les valeurs locatives des meilleurs immeubles de
bureaux moscovites sont de nouveau sur la pente ascendante.
En quatrième position Paris reste, en Europe de l’Ouest, la destination
privilégiée des cinq prochaines années pour les implantations futures des
entreprises. Avec 28 intentions exprimées cette année contre 27 en 2009 et 21 en 2008,
la capitale française confirme sa progression et se place toujours, à l’ouest, devant Londres
(26 intentions exprimées) et Bruxelles (20 intentions exprimées). L’évolution des intentions
des entreprises en termes d’implantations futures est également favorable aux autres villes
françaises. Avec 10 intentions exprimées contre 3 en 2009, Lyon passe devant plusieurs
villes européennes (Manchester, Genève, Düsseldorf) et gagne même du terrain par rapport à
certaines des principales métropoles du continent (Munich, Barcelone, Milan) tandis que
Marseille et Bordeaux, non citées en 2009, le sont à trois et deux reprises cette année.
Le classement 2010
Les critères d’implantation
essentiels
Le futur choix d’implantation des investisseurs doit satisfaire en priorité
« l’accessibilité aux marchés », qui est le critère le plus important pour 61 %
des entreprises interrogées devant « la facilité de recruter du personnel qualifié »,
« la qualité des réseaux de télécommunications » et « la qualité des
infrastructures de transports ». Si ces quatre critères restent, depuis plusieurs années,
les plus importants, celui de la « disponibilité de l’offre de bureaux » apparaît
sensiblement plus décisif qu’en 2009 (de 25 % à 31 %). L’an passé c’est le « rapport
qualité de l’offre/coût immobilier » qui avait connu la plus forte progression, critère
qui, cette année encore, constitue une préoccupation importante des entreprises (36 %).
« La stratégie immobilière que souhaitent mener les entreprises dans les 12
à 18 prochains mois reste avant tout commandée par un souci de maîtrise des coûts au
moyen d’une réduction des surfaces qu’elles occupent ou d’une rationalisation de leurs espaces
et pratiques de travail. Ces deux options recueillent les faveurs, respectivement, de 20 % et
25 % des entreprises de notre échantillon. Elles sont aussi privilégiées par les grands
utilisateurs d’Ile-de-France, comme l’illustrent quelques mouvements significatifs enregistrés
depuis le début de l’année (Thalès à Gennevilliers, Carrefour à Massy ou Ernst & Young à La
Défense). Cette tendance ne devrait pas se démentir dans les prochains mois, la demande de
bureaux supérieure à 4 000 m² exprimée par les entreprises en Ile-de-France recensée par
Cushman & Wakefield étant motivée à 91 % par des logiques de rationalisation et de
regroupement » précise Thierry Juteau, Directeur Général de Cushman & Wakefield
France.
Paris améliore son image sur de nombreux
critères
L’édition 2010 de
l’étude European Cities Monitor ne remet pas en cause la hiérarchie des
métropoles européennes les plus attractives, toujours dominée par Londres, Paris et
Francfort.
Paris maintient sa large avance sur Francfort mais ne comble pas son retard sur
Londres. Ceci n’empêche pas la capitale française de gagner en attractivité : celle-ci
améliore son image sur neuf des douze principaux critères pris en compte par
les entreprises lorsqu’elles décident du choix de leurs futures implantations. Non contente
de consolider sa deuxième place sur trois des quatre critères essentiels, Paris semble avoir
tiré parti de la crise pour accroître son attractivité sur certains facteurs qui lui étaient
défavorables les années précédentes et pour lesquels elle ne jouit pas, habituellement,
d’une bonne image auprès des investisseurs étrangers comme les « compétences
linguistiques » ou le « climat économique créé par les autorités ». Reste à
savoir si l’image de la capitale française aura profité, dans ce dernier cas, des débats
organisés à la faveur de l’adoption du projet de loi sur le Grand Paris. Il est toutefois
probable que ce projet comme celui d’Arc Express, confirmant la volonté des autorités de
remédier aux dysfonctionnements des transports franciliens, aient eu des incidences sur la
progression de Paris en termes de qualité des infrastructures de transports et de qualité de
vie offerte aux salariés.
« La concrétisation ou non de ces projets et les résultats des prochaines éditions
de l’étude European Cities Monitor diront si cette embellie n’a été qu’un feu de paille.
Conjuguée à la progression de la capitale observée cette année en termes de
« disponibilité de l’offre de bureaux » et de « rapport qualité de
l’offre/coût immobilier », l’amélioration des conditions d’accueil offertes aux
entreprises pourrait en tout cas peser d’un poids décisif dans le renforcement durable de
l’attractivité de la place parisienne » ajoute Thierry Juteau.
Un bilan contrasté pour Lyon
Après son léger recul d’une place en 2009, 2010 est une année de stabilisation pour
Lyon. Seule métropole régionale française de notre classement des 36 grandes villes
européennes, Lyon figure toujours en 19ème position. Cette stabilité lui
permet notamment de passer devant Dublin, dont le déclin reflète l’ampleur de la crise
économique traversée par l’Irlande. Elle masque également, comme l’an dernier, d’importants
contrastes.
C’est sur le critère du « climat économique créé par les autorités » que
Lyon subit sa plus forte chute en 2010 reculant,sur ce critère, de la 18ème à la
33ème place, et infirmant ainsi la forte progression de l’an passé. Moins marqués,
deux autres mouvements à la baisse n’en sont pas moins significatifs car ils concernent des
critères – la « qualité de l’environnement » et le « rapport qualité de l’offre/coût
immobilier » – sur lesquels Lyon tire généralement son épingle du jeu. La
compétitivité de l’offre immobilière lyonnaise ne doit pas pour autant être remise en
cause. Si la ville perd une place en terme de « rapport qualité de l’offre/coût
immobilier », elle reste fort bien classée sur ce critère (6ème).
« Avec des valeurs locatives qui, pour les meilleurs immeubles de bureaux lyonnais,
restent en-deçà du seuil des 300 €/m²/an, le deuxième pôle économique français reste
largement compétitif par rapport à d’autres métropoles européennes de rang comparable comme
Dublin, Amsterdam ou Genève. Reste à savoir si ces valeurs et si le saut qualitatif de l’offre
tertiaire, illustré par les inaugurations récentes des premières tranches de l’opération
Confluence ou de la Tour Oxygène, suffiront à doper, à plus long terme, l’attractivité de
Lyon et à attirer un nombre croissant d’investisseurs internationaux » observe
Thierry Juteau. Evolution la plus significative de 2010, le bond de sept places réalisé par
Lyon en terme d’« accessibilité aux marchés », l’un des quatre critères
essentiels aux yeux des investisseurs, pourrait déjà apporter un premier élément de
réponse.
Autres résultats de l’étude
Passée en un an de la 28ème à la 22ème place, Vienne connaît la
progression la plus spectaculaire. Mais la performance la plus significative de l’année 2010
est collective, et à mettre au crédit des villes allemandes. Düsseldorf gagne cinq places,
ce qui lui permet de faire son entrée dans le top 10 de notre classement tandis que Berlin
continue de progresser pour s’établir à la 7ème place quand elle n’était que
14ème au moment de la première parution de l’étude European Cities Monitor en
1990. Ainsi, l’Allemagne compte désormais, avec Francfort, Berlin, Munich et Düsseldorf, quatre
villes aux dix premiers rangs des 36 métropoles européennes les plus attractives. Cette
surreprésentation reflète bien sûr la structure décentralisée de l’Etat allemand, mais aussi la
façon dont l’Allemagne est en train de profiter de la reprise économique, avec une
croissance record de 2,2 % de son PIB au deuxième trimestre 2010, un fort rebond des
exportations et un taux de chômage désormais repassé sous le seuil des 7 %.
Perspectives
La lenteur de la reprise en France suggère que notre pays ne dispose pas des mêmes atouts
que son voisin d’outre-Rhin pour tirer parti de l’amélioration en cours de la conjoncture
économique. Il ne lutte pas non plus à armes égales avec les pays d’Europe centrale et de l’est
en termes de compétitivité des coûts de son immobilier et de sa main d’œuvre. Toutefois,
« Paris ne devrait pas voir sa deuxième position menacée, tant elle dispose
d’atouts décisifs (facilité de recruter du personnel qualifié, accessibilité aux marchés,
qualité des réseaux de télécommunications et qualité des infrastructures de transports externes
et internes) dans la lutte que se livrent les principales villes d’Europe pour attirer les
investisseurs. La question porte davantage sur la capacité de Paris de se rapprocher de sa
rivale londonienne, ce qui devrait être d’autant moins aisé que l’attractivité de la
métropole britannique, qui la devance régulièrement, pourrait continuer de progresser à
l’approche des Jeux Olympiques de 2012 » conclut Thierry Juteau.
TOP 10 DES VILLES D’EUROPE LES PLUS
ATTRACTIVES POUR L’IMPLANTATION DES ENTREPRISES
(source : Cushman & Wakefield, European Cities Monitor 2010)
|
Rang 2010 (2009)
|
Ville
|
|
1. (1)
|
Londres
|
|
2. (2)
|
Paris
|
|
3. (3)
|
Francfort
|
|
4. (5)
|
Bruxelles
|
|
5. (4)
|
Barcelone
|
|
6. (8)
|
Amsterdam
|
|
7. (9)
|
Berlin
|
|
8. (6)
|
Madrid
|
|
9. (7)
|
Munich
|
|
10. (15)
|
Düsseldorf
|
CLASSEMENT DES VILLES D’EUROPE LES PLUS
ATTRACTIVES SELON LES DIFFERENTS CRITERES
(source Cushman & Wakefield, European Cities Monitor 2010)
|
Critères
|
N°1
|
N°2
|
N°3
|
|
Facilité de recruter du personnel qualifié
|
Londres
|
Paris
|
Francfort
|
|
Accessibilité aux marchés
|
Londres
|
Paris
|
Francfort
|
|
Qualité des réseaux de télécommunications
|
Londres
|
Paris
|
Francfort
|
|
Qualité des infrastructures de transports externes
|
Londres
|
Paris
|
Francfort
|
|
Coût de la main d’œuvre
|
Varsovie
|
Bratislava
|
Lisbonne
|
|
Climat économique créé par le gouvernement
|
Dublin
|
Londres
|
Varsovie
|
|
Compétences linguistiques
|
Londres
|
Bruxelles
|
Amsterdam
|
|
Rapport qualité de l’offre/coût immobilier
|
Leeds
|
Lisbonne
|
Berlin
|
|
Qualité des infrastructures de transports internes
|
Londres
|
Paris
|
Berlin
|
|
Offre disponible d’immeubles de bureaux
|
Berlin
|
Manchester
|
Madrid
|
|
Qualité de vie offerte aux salariés
|
Barcelone
|
Munich
|
Stockholm
|
|
Qualité de l’environnement
|
Stockholm
|
Oslo
|
Edimbourg
|