Cushman & Wakefield dresse le bilan du 1er semestre
2012
« Avec 1 053 445 m² de bureaux loués ou vendus aux utilisateurs en
Ile-de-France au 1er semestre 2012, la demande affiche un niveau peu éloigné de
celui du 1er semestre 2011 (1 081 062 m²). Quant aux volumes investis sur le
marché français de l’immobilier d’entreprise, ils totalisent 5,6 milliards d’euros,
soit une augmentation de 4 % sur un an » annonce Olivier Gérard, Président de
Cushman & Wakefield France. Ces chiffres semblent suggérer que le marché français n’est que
peu affecté par l’instabilité du climat économique et la grande prudence des acteurs
immobiliers, contraints pour certains par des conditions de financement plus drastiques.
« La crise, bien réelle, de l’économie ne se traduit pas tant par une atonie générale
du marché français que par son très net resserrement. Ainsi, quelques grandes
opérations comptent pour une part significative de la demande placée de bureaux ou des volumes
investis tandis que le nombre total de transactions est en fort recul, reflétant un
marché principalement animé par une palette plus restreinte d’acteurs, de biens ou de secteurs
tertiaires » poursuit Olivier Gérard.
MARCHE FRANÇAIS DE L’INVESTISSEMENT
« Les volumes investis dans l’Hexagone au 1er semestre 2012 sont
légèrement supérieurs aux montants enregistrés l’an passé à la même époque. Cette stabilité
apparente ne doit pas occulter la forte baisse de 33 % du nombre total de transactions sur
un an qui indique un fort ralentissement de l’activité en partie lié au recul des opérations
comprises entre 50 et 100 millions d’euros et à la désaffection dont pâtissent les marchés et
actifs secondaires » explique Olivier Gérard.
Une activité principalement portée par quelques grandes transactions en
Ile-de-France
Sur les 166 transactions enregistrées depuis le début de 2012 (249 au 1er
semestre 2011), 15 sont supérieures à 100 millions d’euros contre 8 un an auparavant.
Ces grandes transactions totalisent 3,3 milliards d’euros, soit 59 % de l’ensemble des montants
investis dans l’Hexagone contre 30 % au 1er semestre 2011.
Reflétant un marché de l’investissement très polarisé, l’Ile-de-France concentre 84 % de
l’ensemble des montants engagés dans le pays (4,7 milliards d’euros). De fait, 14 des 15
opérations de plus de 100 millions d’euros y sont situées, dont trois transactions
supérieures à 500 millions d’euros : le 52-60 avenue des Champs-Elysées et les
deux portefeuilles de bureaux cédés par KanAm et Eurosic. Ces trois opérations portent sur
quelques actifs prestigieux de la capitale, sièges d’entreprises renommées du quartier central
des affaires parisien (Cartier pour la Cité du Retiro, le Figaro dans Neo ou Allen & Overy
dans le 52 Hoche) ou emplacement commercial de premier plan sur les Champs-Elysées (immeuble du
Virgin Megastore).
Les bureaux
Les bureaux demeurent sans surprise la classe d’actifs la plus prisée totalisant,
comme l’an passé, près des trois quarts des volumes investis grâce à la réalisation de
12 transactions supérieures à 100 millions d’euros. Ces 12 transactions totalisent
2,6 milliards d’euros, soit 63 % de la totalité des montants investis sur ce type d’actifs en
France. Elles sont, en outre, toutes situées en Ile-de-France, expliquant la part élevée des
bureaux dans le total des montants engagés en région parisienne (78 %).
Les actifs de qualité et sécurisés des marchés établis de Paris et de l’ouest francilien
restent la cible prioritaire des investisseurs. Toutefois, quelques opérations en VEFA ont
également animé le marché francilien, illustrant l’appétit de certains acteurs pour de nouveaux
projets dans un contexte de rareté de grandes surfaces neuves de qualité dans d’importants
secteurs tertiaires (Neo à Vélizy-Villacoublay). Quelques opérations de ce type ont aussi été
observées en province, comme Equinox à Lyon ou Balthazar à Marseille, illustrant l’attractivité
de métropoles régionales qui, comme en 2011, tirent parti de la stabilité de leur marché
locatif et de l’avancée de projets urbains importants (renouvellement du quartier de La
Part-Dieu à Lyon, avancée des travaux d’Euroméditerranée à Marseille).
Les commerces
Avec 1,1 milliard d’euros investis depuis janvier 2012, les commerces affichent une
hausse de 19 % par rapport au 1er semestre 2011 mais une part quasi identique
à celle de l’an passé (21 %). L’activité a été principalement soutenue par la vente de deux
d’actifs mixtes à composante commerce majoritaire : l’acquisition du 52-60 avenue des
Champs-Elysées par le Qatar et celle par Ramsbury de Faubourg One, ensemble situé rue du
Faubourg Saint-Honoré et abritant notamment des boutiques Burberry et Moschino. Ces deux
transactions comptent ainsi pour plus de la moitié des volumes investis en
commerces ce semestre et biaisent largement l’analyse de ce marché, traditionnellement
dominé par des acquisitions d’ensembles commerciaux en province. Peu d’opérations ont de
fait été enregistrées hors de l’Ile-de-France, à l’exception notable de Grand Tour 1 et 2
près de Bordeaux acquis par Ciloger pour un peu plus de 80 millions d’euros. Accentué par les
incertitudes du climat économique qui renforcent le désir des propriétaires de conserver leurs
biens et de ne pas les céder de peur de ne pouvoir réallouer leurs fonds, le manque
d’opportunités d’actifs primecontinue donc de peser sur les volumes.
L’industriel
Les actifs industriels représentent 6 % du total des montants investis, soit environ
320 millions d’euros, un volume relativement stable par rapport à la même période en 2011. Si
les volumes restent contraints par une pénurie d'offres prime et par la défiance
persistante des investisseurs à l'égard d'actifs moins faciles à financer, l’activité
devrait s’accroître dans les mois prochains en raison de la vente de portefeuilles d’entrepôts
logistiques en cours de cession.
La vente de grands ensembles immobiliers renforce le rôle des acteurs
étrangers
Les arbitrages opérés par certains acteurs ont constitué autant de nouvelles
opportunités limitant les effets de la rareté de l’offre sur l’évolution des volumes
investis, qu’il s’agisse d’institutionnels particulièrement exposés à la crise de la dette
(Groupama, qui a cédé le 52-60 avenue des Champs-Elysées), de grands groupes industriels
désireux de dégager des liquidités (PSA, qui a vendu son siège de l’avenue de la Grande Armée)
ou de fonds allemands en cours de liquidation (Kanam, qui a cédé Neo et Cité du Retiro). C’est
sur ce type de grandes opérations que se sont principalement positionnés les investisseurs
étrangers, accentuant la ré-internationalisation du marché hexagonal après un
1er trimestre dominé à plus de 80 % par les acheteurs français. La part des
étrangers représente désormais 51 % du volume des acquisitions contre 46 % il y a un an.
Les Moyen-Orientaux et les Asiatiques, fonds souverains en particulier, se sont
distingués avec l’acquisition de cinq immeubles totalisant 1,6 milliard d’euros. Ces acteurs
diversifient leur patrimoine hors de leur base, privilégiant, après Londres, le marché parisien
et ciblant exclusivement les biens les plus prestigieux. Leur dynamisme illustre également
l’avantage dont disposent les acteurs en fonds propres, dans un contexte dominé par des
difficultés persistantes d’accès au crédit.
Les Français demeurent majoritaires sur le segment des transactions inférieures à
100 millions d’euros et sont principalement représentés par de grands institutionnels,
notamment de grandes compagnies d'assurances qui cherchent à diversifier leur allocation
d’actifs au-delà des marchés boursiers et obligataires. Les SCPI et OPCI restent également très
actifs, majoritairement positionnés ce semestre sur des actifs de bureaux.
MARCHE LOCATIF DES BUREAUX D’ILE-DE-FRANCE
A la fin du 1er semestre 2012, la demande placée n’affiche qu’une légère
baisse de 3 % par rapport à la même période un an auparavant. « Pour surprenante
qu’elle puisse paraître dans un climat économique dominé par une nouvelle détérioration du
marché de l’emploi, cette stabilité n’étonne guère quand on entre dans le détail des
transactions réalisées. Ainsi, la bonne tenue du marché des bureaux d’Ile-de-France tient avant
tout à la concrétisation d’opérations neuves d’envergure engagées dans quelques secteurs
tertiaires par de grands utilisateurs désireux de réduire leurs coûts immobiliers. Le reste
du marché est moins animé, comme l’attestent l’allongement des délais de commercialisation
ou la remontée, pour la 1ère fois depuis 2009, du volume de l’offre
disponible » explique Olivier Gérard.
Quelques grands mouvements compensent la baisse générale du nombre de
transactions
1 053 445 m² de bureaux ont été loués ou vendus aux utilisateurs en
Ile-de-France au 1er semestre 2012, niveau quasi identique à la moyenne de la
demande placée au cours d’un 1er semestre depuis dix ans (1 053 777
m²). Après un 1er trimestre peu actif, la concrétisation récente de grandes
transactions a gonflé le volume de la demande placée et compensé la chute du nombre de petites
et moyennes transactions. Ainsi, les mouvements > 4 000 m² comptent pour la moitié
de la demande placée totale sur l’ensemble du 1er semestre 2012 contre 36 % un
an auparavant.
L’activité du marché locatif a été largement soutenue par la demande de grands groupes du
secteur de l’industrie-distribution, qui concentre 50 % de la demande placée totale >
4 000 m² contre 23 % à la même époque l’an passé. Ces groupes ont notamment animé quelques
secteurs tertiaires de 2ème couronne comme Vélizy-Villacoublay (Thalès) et
Saint-Quentin-en-Yvelines (Mercedes-Benz), pôles industriels majeurs de région parisienne. De
façon générale, les utilisateurs tendent en effet à privilégier les zones où elles sont déjà
implantées ou des secteurs proches. Mais ils déterminent également fortement leur choix en
fonction des opportunités foncières ou immobilières que leur offrent certains secteurs afin
de réduire leurs coûts immobiliers. Ces deux motivations expliquent le succès du Sud
1ère couronne, dont l’augmentation de 225 % de la demande placée tient pour une
large part au projet du regroupement du CNET à Châtillon sur un site de près de 70 000 m²
à construire. Elles sont aussi à l’origine du bond de 211 % de la demande placée dans le Nord,
où la SCNF vient de prendre à bail trois immeubles à Saint-Denis. Ces mouvements, qui
accentuent la présence de l’entreprise dans la commune, permettent également de maintenir la
part de l’administration dans la demande placée totale > 4 000 m² (16 %), en
dépit de la tenue récente des élections présidentielles et législatives.
La nécessité pour les grands utilisateurs de réduire leurs coûts immobiliers, en prenant à
bail ou développant de grandes surfaces pour y regrouper leurs équipes, leur offre également
l’opportunité de moderniser leur site. La part des immeubles neufs-restructurés
dans la demande placée totale > 4 000 m² passe ainsi de 49 % à 71 % en un
an sous l’effet, notamment, du nombre important d’opérations clés-en-main. Menées
par des utilisateurs contraints de se positionner plus en amont pour remédier à la rareté
d’offres de grande taille répondant à leurs critères d’implantation, ces opérations
confirment aussi le souhait de grands utilisateurs de développer de véritables campus.
Par la qualité de leur architecture et les services qu’ils offrent aux salariés, ceux-ci
valorisent ainsi l’image de l’entreprise tant en interne qu’auprès des
clients.
Certains secteurs tertiaires et types d’actifs affichent des performances en
berne
Si la crise économique a permis d’animer certains secteurs tertiaires et segments de marché,
elle a conduit plus généralement au report des prises de décision des utilisateurs et à
l’allongement des délais de commercialisation. C’est le cas des petites et moyennes
surfaces, dont le ralentissement de l’activité a contribué à la baisse de la demande placée
dans le quartier central des affaires parisien (- 25 %). Paris QCA souffre également de
l’atonie de certains de ses utilisateurs « historiques » comme l’administration et
surtout la banque-assurance dont les mouvements, à l’échelle de la capitale comme à celle de
l’Ile-de-France, se comptent sur les doigts d’une main. Directement exposé à la crise
financière, ce secteur d’activité ne compte plus que pour 9 % de la demande placée totale
> 4 000 m² au 1er semestre 2012 (34 % un an auparavant). D’autres
secteurs tertiaires pâtissent de ce très net recul, qu’il s’agisse de marchés de back-office du
nord et de l’est de la région et surtout de La Défense, cœur de la finance française
avec le QCA. Ce secteur, qui avait notamment profité du succès de la tour First l’an passé, ne
totalise que 36 474 m² placés, volume le plus bas affiché sur un 1er semestre
depuis 10 ans.
Particulièrement marquée à Paris QCA et La Défense, la chute de la demande placée
concerne plus généralement Paris intra-muros et les Hauts-de-Seine, qui ne
représentent plus que 63 % de la demande placée totale de la région alors qu’ils en
concentraient les trois quarts au 1er semestre 2011. Cette baisse traduit
l’absence de solutions offertes par la plupart des secteurs établis à des utilisateurs avant
tout désireux de disposer d’opportunités de grandes surfaces de qualité à des prix
compétitifs. Le Sud Ouest, avec une hausse de 11 % de la demande placée, fait logiquement
exception : comme en 2011, ce secteur continue de tirer parti d’une offre de qualité
abondante et de coûts d’occupation moins élevés que dans les marchés les plus établis
d’Ile-de-France. Cette évolution explique également le succès des dernières offres
neuves-restructurées disponibles à Paris – avec le choix de PPR de s’installer sur les
16 500 m² de l’opération Laennec (Paris 7ème) – ainsi que l’attractivité de
ses grandes surfaces de seconde-main de qualité, comme les 10 200 m² de Vision 17
(Paris 17ème) loués par Rexel, ou Equinoxe (Paris 13ème), dont la prise à
bail par RFF sur 18 200 m² constitue la transaction la plus importante enregistrée dans la
capitale cette année.
Première hausse du volume de l’offre disponible depuis 2009
Totalisant 3 768 946 m², le volume total de l’offre disponible augmente de 1,3
% sur un trimestre. Cette hausse, la première constatée depuis 2009, est une
autre manifestation de la crise qui affecte le marché d’Ile-de-France. Ce dernier pâtit
notamment de la désaffection des surfaces de seconde-main, le stock se composant en grande
partie de surfaces obsolètes libérées par des utilisateurs pour se regrouper sur des
immeubles neufs-restructurés. Le niveau honorable de la demande placée ne contribue pas non
plus à la réduction du volume de l’offre disponible sur le marché, étant pour une large part le
fait de grands utilisateurs se positionnant très en amont sur des opérations « hors
marché », bâtiments clés-en-main ou offres à construire (SNCF dans City One à
Saint-Denis).
Mais le stock disponible a également augmenté du fait de l’arrivée sur le marché de
grandes offres neuves comme le Palatis à Montrouge ou New Side à La Garenne-Colombes.
Lié au regain des lancements en blanc après 2009, cette évolution devrait se prolonger
dans les prochains mois, contribuant à la poursuite de la hausse du volume total de l’offre
disponible. Atteignant désormais 24 % de ce volume, la part d’immeubles neufs-restructurées
demeurera toutefois limitée. Sans solutions immobilières satisfaisantes à court et moyen
termes et confrontés à la hausse de l’indexation, de nombreux utilisateurs auront dès lors
tendance à renégocier leurs baux pour réduire leurs coûts, rencontrant l’intérêt de
bailleurs désireux de limiter la vacance de leurs biens.
Des rapports de forces contrastés entre bailleurs et locataires
L’évolution générale de l’offre disponible masque de forts contrastes selon les secteurs
tertiaires. Ainsi, les quartiers les plus prestigieux de la capitale demeurent très peu
offreurs en grandes surfaces restructurées, ce qui devrait continuer de peser sur les volumes
placés dans Paris QCA mais aussi contribuer au maintien du loyer prime de ce secteur
à des valeurs élevées (792 €/m²/an). Si le nombre limité de mouvements sur ce
segment de marché explique une très légère baisse de valeur sur un trimestre (- 1
%),plusieurs négociations en cours laissent penser que le loyer prime devrait rester
proche de son point haut dans les prochains mois. L’absence de reprise franche de la
demande placée et la remontée du volume de l’offre disponible devraient en revanche offrir
plus de choix aux utilisateurs dans les autres secteurs géographiques
d’Ile-de-France. L’évolution des valeurs locatives pourrait y marquer une plus forte baisse,
même si les mesures d’accompagnement demeureront le moyen d’ajuster les valeurs
faciales.
PERSPECTIVES DU MARCHE FRANÇAIS
Une amélioration générale des conditions de marché d’ici la fin de l’année est peu
probable. « L’instabilité du système financier, le décrochage récent de l’activité
économique française et l’accroissement probable de la pression fiscale devraient renforcer
la prudence des acteurs immobiliers et limiter le nombre de transactions »
explique Olivier Gérard. Les performances du marché de l’investissement au cours des six
derniers mois de 2012 devraient particulièrement trancher avec celles du 2nd
semestre 2011. Ainsi, cette période avait vu les montants investis bondir de 100 % d’un
semestre sur l’autre du fait de l’abrogation de certains avantages fiscaux favorisant la
cession par les investisseurs d’actifs dans le but de bénéficier d’une plus faible imposition.
Mais, « de façon générale, le marché français de l’immobilier d’entreprise
pourrait encore bénéficier de la concrétisation de grandes transactions, liées aux projets de
regroupements de grands utilisateurs et à l’activité d’investisseurs étrangers ou de grands
institutionnels français continuant de profiter des arbitrages contraints de certains
acteurs » conclut Olivier Gérard.
Evolution des volumes investis en France (en milliards d’euros)
Source : Cushman & Wakefield France

Evolution de la demande placée de bureaux en Ile-de-France (en m²)
Source : Cushman & Wakefield France
