Une étude annuelle du conseil international en immobilier Cushman &
Wakefield consacrée aux coûts d’occupation de bureaux des 133 plus grandes métropoles
mondiales
- Forte augmentation de 41 % du loyer prime à Moscou
- Hausse de 2 % des loyers en Europe
- Avec une augmentation de 5 % en un an, Paris consolide sa place dans le Top 10 mondial
D’après l’étude Office Space Across The World, qui compare les coûts d’occupation de
bureaux dans 133 métropoles de 63 pays, la plupart des grands marchés mondiaux ont
enregistré une augmentation des loyers de bureaux en 2011. D’un point de vue général, la
hausse des loyers a pour origine une modeste croissance économique dans un environnement où les
nouvelles offres sont limitées
Le rebond a été particulièrement important à Pékin, avec une hausse de 75%, mais aussi à
Moscou. Avec une hausse des loyers de 41 %, la capitale russe se hisse de la septième à la
quatrième place des 10 villes les plus chères du monde en termes d'immobilier de bureaux. Le
nombre important de transactions finalisées au dernier trimestre 2011 permettent d’envisager
des perspectives plutôt positives pour 2012. La demande est venue des entreprises russes, en
particulier des secteurs des technologies de l'information et des télécommunications, qui ont
pris des décisions stratégiques d'expansion et de consolidation de leurs activités.
Europe
Les marchés de l’immobilier de bureaux dans les principales villes européennes ont été
relativement stables en 2011 avec une augmentation générale de 2 % des loyers. Bénéficiant
d’un climat économique favorable, les pays nordiques se sont notamment distingués :
Stockholm enregistre une augmentation de 9,5 %, Göteborg de 9%, Oslo de 15 % et
Helsinki une hausse de 12 %. Les entreprises dans les secteurs où les besoins en
immobilier de bureaux sont les plus importants, tels que les banques et les cabinets d'avocats
et d'experts comptables, se développent. Dans le centre de Stockholm, un faible niveau de
nouvelles constructions ces dernières années a limité l'offre neuve, contribuant ainsi à la
hausse des loyers.
« En Ile-de-France, le loyer prime a enregistré une hausse de 5 % en 2011,
permettant à Paris de consolider sa place dans le top 10 mondial. Ce rebond traduit la
demande soutenue d’utilisateurs les plus à même de payer le prix fort pour une
implantation dans les beaux quartiers de la capitale dans un contexte de forte pénurie de
l’offre de qualité» indique Philippe Ravoire, Directeur du département Tenant
Representation.
A l’origine des mouvements les plus onéreux de l’année, les banques et les cabinets
d’avocats étrangers ont été particulièrement actifs ces derniers mois, dans le quartier central
des affaires parisien comme dans le 7ème arrondissement, son extension sur la
rive gauche. Ailleurs en Ile-de-France, l’évolution des valeurs locatives est restée
généralement contrastée. Mais celles-ci se sont généralement maintenues à des niveaux élevés
dans la capitale et l’ouest de la région du fait du succès de quelques immeubles neufs ou
d’actifs de seconde-main de qualité. « La raréfaction inéluctable et
généralisée de l’offre de qualité dans les secteurs tertiaires les plus prisés devrait
peser, à court terme, sur les conditions de négociation entre bailleurs et locataires. Si les
mesures d’accompagnement restent un élément clé du marché, leurs rapports pourraient toutefois
évoluer sous l’effet d’autres facteurs que celui de l’offre » explique Philippe
Ravoire.
Après sa validation par le Conseil constitutionnel en 2011, L’INSEE a publié pour la
1ère fois en janvier 2012 le nouvel indice des loyers d’activités tertiaires (ILAT).
Ce dernier devrait ainsi répondre de façon appropriée aux préoccupations des utilisateurs en
limitant l’évolution erratique des valeurs locatives dans un contexte où les coûts de
construction demeurent élevés. L’évolution des normes IFRS pourrait également avoir des
incidences sur la négociation des baux. Attendue prochainement, la nouvelle mouture du projet
de révision de la norme comptable IAS 17 devrait de fait assimiler les contrats de location à
une dette. Ce qui pourrait inciter les entreprises à s’engager sur de plus courtes durées et
peser sur l’ampleur des mesures d’accompagnement consenties par les bailleurs et sur le niveau
effectif des loyers.
Les seuls pays d’Europe de l’ouest à connaître un repli des loyers en 2011 sont le Portugal,
l’Irlande, l’Italie, l’Espagne et la Grèce. Lisbonne enregistre une chute du loyer prime de 3%,
Dublin affiche une baisse de 10 % et à Athènes les loyers ont reculé de 14 %. En
Espagne, Madrid enregistre une baisse de 4 % et Barcelone de 5 %. En Italie, Milan
fait un peu mieux avec un repli limité à 2 %. Malgré l’incertitude économique, le marché
des bureaux haut-de-gamme en Italie s'est relativement bien comporté en 2011, et ce grâce
principalement à un nombre élevé de grandes transactions (>5 000 m²), les entreprises
prenant à bail de nouvelles surfaces dans le cadre d'opérations de consolidation ou de
rationalisation. Les mesures d’accompagnement, notamment pour les plus importants locataires,
ont augmenté. Cette tendance devrait se poursuivre en 2012 même s'il est à noter que l'écart
entre les marchés prime et secondaires est en train de s'agrandir avec des actifs de moindre
qualité ayant de plus en plus de mal à attirer une demande déjà limitée.
Amériques
Rio de Janeiro a perdu sa quatrième place dans le classement des villes les plus chères du
monde, et se retrouve à la huitième place avec un repli des loyers de 8 %, derrière New
York, qui devient de fait la ville la plus chère du continent américain. Ceci contraste avec la
performance de Rio de Janeiro l’an passé où le loyer prime du quartier central des affaires
avait enregistré une hausse de 47 %. D’un point de vue général le loyer prime au Brésil a
augmenté de 13 % en 2011 et de 3 % sur l’ensemble du continent américain.
L’année 2011 a généralement été favorable pour le marché de l’immobilier au Brésil. Une
demande robuste et croissante, dans un contexte de pénurie de l’offre, a soutenu les volumes de
la demande placée qui, dans certains marchés, ont atteint des niveaux historiques.
Asie-Pacifique
L’Asie-Pacifique a enregistré les plus fortes hausses de loyer prime en 2011 avec Pékin qui
connaît la plus importante augmentation dans le monde (+ 75 %). Hong Kong maintient son
classement en tant que ville la plus chère du monde et ce pour la deuxième année consécutive,
Tokyo prenant la troisième place de ce classement.
La reprise s’est arrêtée mais n’a pas été effacée par les incertitudes du climat économique.
En raison d’une offre toujours limitée, le deuxième semestre 2012 devrait connaître une
accélération des décisions d’implantation des entreprises. A court terme, certaines parties
de l’Amérique du Nord peuvent renouer rapidement avec la reprise, mais de façon générale les
grandes métropoles du monde entier pâtiront d’un manque d’offres.
Top 10 des villes les plus chères du monde en 2012*
source: Cushman & Wakefield
|
Rang 2011
|
Rang 2012
|
Ville, Quartier
|
Pays
|
Coût d’occupation €/m²/an
|
|
1
|
1
|
Hong Kong CBD
|
Chine
|
2 026
|
|
2
|
2
|
Londres West End
|
Royaume-Uni
|
1 978
|
|
3
|
3
|
Tokyo CBD
|
Japon
|
1 635
|
|
7
|
4
|
Moscou CBD
|
Russie
|
1 223
|
|
13
|
5
|
Pékin CBD
|
Chine
|
1 082
|
|
5
|
6
|
New York CBD
|
Etats-Unis
|
992
|
|
6
|
7
|
Sydney CBD
|
Australie
|
987
|
|
4
|
8
|
Rio de Janeiro CBD
|
Brésil
|
904
|
|
9
|
9
|
Paris QCA
|
France
|
875
|
|
10
|
10
|
Zurich CBD
|
Suisse
|
809
|
* Le
classement est réalisé à partir des valeurs constatées dans la ville qui affiche les coûts
d’occupation les plus élevés dans chaque pays. Les loyers, qui en représentent la plus grande
part, sont calculés sur une base interne nette.